[ Homepage | Banane ]

"Sanglier ! Sanglier !"

L'aventure au coin du buisson !


Dimanche dernier, votre serviteur dévoué prêt à toutes les scoops en finissait avec sa course orientée carteforêtboussole -après avoir avalé son kilomètre traditionnel de fougères, plongé dans le trou d'eau rituel et reçu dans les jambes la quantité réglementaire de ronces- quand il entendit ce cri, "Sanglier !", maintes fois répété à proximité. Que signifiait cette intervention ? Et quelles pouvaient en être les causes ? Face à tant de questions essentielles, votre intrépide gaillard à l'âme de reporter se devait de répondre.

Ce qu'il fit immédiatement en élaborant au quart de tour les hypothèses suivantes :

  • un animal réputé vigoureux, aux moeurs forestières, et répondant de manière général au phénotype du sanglier, se trouvait dans les parages. Auquel cas deux possibilités se présentaient : ou bien il était coursé par des chasseurs, et il fallait se planquer au plus vite. Ou bien l'animal coursait quelque promeneur imp(r)udent, et il fallait mieux se planquer dare-dare.
  • le cercle celtique centenaire organisait son grand banquet annuel.
  • un défaut d'audition me faisait mal comprendre "Sangria ! Sangria !" - hypothèse rejetée par la suite après une réflexion pleine de bon sens.
  • Gérard Depardieu répétait "Astérix 2" dans les parages.

Notez que cette dernière suggestion n'était pas la moins terrifiante, car si j'avais (maintenant je dis je) sur moi un bout de papier (une carte de co), je ne portais par contre aucun stylo apte à satisfaire les éventuelles vélléités autographiques du bonhomme.

Or donc, et comme toujours quand il s'agit pour moi de vous raconter une histoire, aucune de ces hypothèses n'était vraie. Mais que se passait-il donc ? Et bien, telle que la scène sous mes yeux s'est déroulée, elle impliquait un monsieur à la forte carrure - 1 mètre 80, 90 kilos au bas mot- et son fils - 10 ans maximum. Le premier exhortait le second à franchir en courant le buisson de houx face à lui, genre 2 mètres de haut, 1 de large, et suffisamment dense pour qu'on ne puisse apercevoir la végétation derrière.

Déception.

Au lieu d'une formidable orgie sanglante au fusil, au couteau de chasse et à l'épagneul breton -véritable ode à la beauté sauvage de la nature, surtout quand elle a les tripes éparpillées sur le sol- ou bien même d'une quelconque aggression par Barilla Man, je me trouvais face aux agissements d'un boy-scout tendance homme des bois, période Hulkienne.

Je n'avais plus qu'à doubler la famille, joyeusement réunie dans les épines, à 2 mètres sur la droite, là où la forêt resplendissait par son abscence absolue d'hostilité (du point de vue du coureur).